En 2025, World Giving Index se transforme en World Giving Report
En 2025, la Charities Aid Foundation (CAF) a fait évoluer son enquête mondiale sur le don (World Giving Index) dans une version refondue et plus détaillée, le World Giving Report, comprenant désormais deux volets, l’un centré sur les donateurs (Donor insights) et le second sur les organisations d’intérêt général (Charity insights).
Le rapport World Giving Report – Charity insights s’appuie sur une enquête menée par Focaldata auprès de 3 115 organisations d’intérêt général dans 27 pays. En France, un échantillon de 123 organisations a été interrogé avec l’appui de l’Observatoire Philanthropie & Société de la Fondation de France.
Le financement, premier enjeu en France et dans le monde
Au niveau mondial, le rapport identifie l’impact et l’engagement communautaire comme le premier levier de bonne santé des organisations. A l’inverse, il pointe les problèmes de financement et la limitation des ressources comme le frein principal à leur développement.
En France, 70% des structures interrogées citent la viabilité financière comme l’un des plus grands défis pour elles, et 87% citent au moins un défi ayant trait à la santé financière (contre 80% au niveau mondial).

Charities Aid Foundation et Fondation de France : France Charity insights
Le rapport relève des spécificités françaises sur le financement : les structures interrogées recevraient des financements de sources plus diverses que la moyenne mondiale, avec une proportion significativement plus forte d’entre elles qui recevraient des fonds publics (79%, contre 48% au niveau mondial) et une part plus faible qui recevraient des fonds de la part d’entreprises privées (55%, contre 73% au niveau mondial).

Charities Aid Foundation et Fondation de France : France Charity insights
Autre spécificité française : 72% des financements reçus par les organisations françaises seraient fléchés, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent être dépensés que pour une mission ou un projet précis. La moyenne mondiale s’établit à 64% et celle des pays les plus riches à 60%. Sur ce point, la France se situerait dans les mêmes ordres de grandeur que ce qui est observé dans les pays à plus faible revenu.
Les organisations d’intérêt général françaises face à des besoins croissants
Les structures ont été interrogées sur l’évolution de la demande qu’elles observent et qu’elles anticipent pour leurs services.
Le constat est très net : deux tiers des répondants français rapportent une augmentation de la demande sur les 12 derniers mois, et 83% prédisent une augmentation de la demande sur l’année suivante.
Signe de l’agilité des organisations françaises : 70% d’entre elles sont confiantes sur leur capacité à faire face. 94% d’entre elles rapportent avoir les capacités organisationnelles de faire face à une fluctuation soudaine de leur demande.
Elles peuvent s’appuyer sur ce point sur des équipes solides : les organisations françaises auraient moins de difficultés à recruter et à conserver leurs salariés que la moyenne mondiale. Le recrutement reste un enjeu pour une majorité d’entre elles (54% contre 72% au niveau mondial), mais elles sont nettement mieux positionnées sur la consolidation de leurs équipes (24% déclarent avoir du mal à retenir leurs salariés contre 50% au niveau mondial, et 23% déclarent rencontrer des difficultés à garantir leur bien être contre 49% au niveau mondial). Elles ont cependant plus de difficultés à recruter et à fidéliser des bénévoles.
Des sentiments contrastés sur l’action de l’Etat
Si les organisations françaises considèrent plus qu’ailleurs que le gouvernement encourage les dons (39%, contre 24% au niveau mondial), elles sont également plus nombreuses à considérer que le gouvernement rend leur activité plus difficile (55% contre 50% au niveau mondial. Le rapport avance comme piste d’explication la contraction des financements publics, qui pèse sur les OSBL françaises.
La conception du rôle de l’Etat et de son action est également un facteur de frustration. Les organisations françaises indiquent en effet à une écrasante majorité estimer que le gouvernement se repose sur elles pour fournir des services qu’il ne peut, ou ne veut pas fournir : 93%, contre seulement 66% au niveau mondial.
Un fort moral en berne pour les organisations françaises
Le rapport révèle un fort pessimisme pour les organisations françaises. 68% des structures interrogées en France décrivent le secteur de la générosité comme en difficulté, contre 36% au niveau mondial, un chiffre interprété par le rapport comme traduisant des inquiétudes probablement liées au contexte difficile des financements publics.
Les organisations françaises se montrent également très pessimistes pour l’avenir : seules 21% d’entre elles se déclarent optimistes pour l’avenir du secteur, contre 66% au niveau mondial. Bien que plus optimistes pour l’avenir de leur organisation (50%, contre 83% au niveau mondial), elles ne sont que 7% à se déclarer « très optimistes » (soit moins de la moitié de la moyenne européenne de 15%).

Charities Aid Foundation et Fondation de France : France Charity insights
Un manque de valorisation de l’impact des structures
A partir des questions de l’enquête, le rapport établit un score de résilience sur 6 critères. Pour les organisations françaises, ce score révèle une vision claire de leur mission, au même niveau que la moyenne mondiale. En revanche, elles semblent rencontrer davantage de difficultés à démontrer leur impact (avec un score médian de 50/100, contre 75/100 au niveau mondial).

Charities Aid Foundation et Fondation de France : France Charity insights
Elles auraient en particulier plus de mal à communiquer auprès de leurs parties prenantes externes : 79% estiment que leur mission est claire pour leurs parties prenantes externes, contre 86% au niveau mondial. Plus précisément, 53% considèrent positivement la mesure d’impact de leur organisation, contre 72% au niveau mondial, et seulement 30% d’entre elles estiment communiquer efficacement, contre 63% au niveau mondial. Cela souligne un potentiel de développement important pour les organisations françaises.