World Giving Report 2025 – Donor insights

World Giving Report 2025 – Donor insights

Publié le 17 mars 2026 - Mis à jour le 17 avril 2026
Ressource Etude

En 2025, la Charities Aid Foundation (CAF) a publié une nouvelle édition de son enquête mondiale sur le don dans une version refondue et plus détaillée. Le World Giving Report 2025 – Donor insights analyse, à l’échelle de 101 pays, l’acte de don à la fois envers des organisations d’intérêt général, mais aussi sous forme de don direct à des personnes dans le besoin ou auprès des cultes. Zoom sur des enseignements de cette étude en comparant la France aux autres régions du monde…

En 2025, World Giving Index se transforme en World Giving Report

En 2025, la Charities Aid Foundation (CAF) a fait évoluer son enquête mondiale sur le don (World Giving Index) dans une version refondue et plus détaillée, le World Giving Report. Cette étude comprenant désormais un nouveau volet centré sur les organisations d’intérêt général (Charity insights). Et pour le volet centré sur les donateurs (Donor Insights) la CAF a fait évoluer son questionnaire pour analyser plus précisément les motivations et les comportements des donateurs.

Le rapport World Giving Report – Donor insights s’appuie sur une enquête menée par Focaldata auprès de 55 836 répondants dans 101 pays en janvier 2025. Les questions portant sur les comportements des donateurs pour l’ensemble de l’année 2024.

En France, un échantillon de 1012 Français représentatif (méthode des quotas) a été interrogé. L’acte de don y est mesuré à la fois envers des organisations d’intérêt général, mais aussi sous forme de don direct à des personnes dans le besoin ou auprès des cultes. Pour le rapport consacré à la France, la CAF s’est appuyée sur l’Observatoire Philanthropie & Société de la Fondation de France.

 

La France parmi les pays les moins généreux ?

Selon le rapport, les Français consacreraient en moyenne 0,45% de leurs revenus à la générosité, un chiffre plutôt faible. En comparaison, la moyenne européenne s’établirait à 0,64% et la moyenne mondiale à 1,04%. Le pays le plus généreux serait le Nigéria (en moyenne 2,83% du revenu). Le rapport souligne des liens communautaires très développés dans les pays où cet indicateur est le plus élevé.

La France serait-elle donc l’un des pays les moins généreux du monde ? Le rapport donne à voir de fortes spécificités françaises.

  • Les dons des Français seraient ainsi très significativement plus dirigés vers les organisations d’intérêt général, au détriment des dons directs aux personnes dans le besoin et des dons aux cultes. Les auteurs soulignent l’influence du rapport particulier des Français à la religion comme un facteur explicatif important.
  • Les Français consacreraient une part comparable de leur revenu aux organisations d’intérêt général (0,25% contre 0,28% au niveau européen et 0,33% au niveau mondial), mais une part très nettement plus fable aux dons directs (0,13% contre 0,24% au niveau européen et 0,44% au niveau mondial) et aux dons aux organisations religieuses (0,07% contre 0,12% au niveau européen et 0,27% au niveau mondial.
World Giving Report donor insight 2025 graphique part du revenu

Charities Aid Foundation et Fondation de France : Giving in France

 

Il est également à noter que dans les pays avec un fort niveau de protection sociale, les donateurs consacrent en moyenne une part plus faible de leurs revenus pour la générosité. Cela aurait trait à la conception du rôle de l’Etat dans les solidarités et serait l’un des facteurs explicatifs des chiffres plus faibles observés pour le continent européen.

 

La place de la dimension émotionnelle du don, spécificité française

Selon le rapport, les trois causes les plus soutenues par les Français en 2024 seraient :

  • la lutte contre la pauvreté (27% des donateurs),
  • la santé (26%)
  • l’aide humanitaire (26%)

En comparaison, au niveau mondial, ce sont l’enfance et la jeunesse (29% des donateurs), la lutte contre la pauvreté (29%) et les causes religieuses (28%) qui se placent en tête.

L’enquête permet de pointer plusieurs spécificités intéressantes dans le cas de la France. Sur les raisons du don, elle met de nouveau en valeur une place très faible pour la religion (seulement 5% des personnes interrogées). Les raisons principales, à des niveaux comparables au reste du monde, sont l’intérêt pour une cause et la volonté de faire la différence (61%), et le sentiment de devoir donner si c’est possible (30%).

Mais on observe une place particulière du lien entre le don et une expérience personnelle ou de son entourage, ou en mémoire d’un proche (17%). La dimension émotionnelle occuperait donc une place importante dans le choix du don chez les Français, davantage que dans le reste du monde ou de l’Europe.

 

La notoriété, premier critère pour choisir à qui donner en France

Partout dans le monde, l’enquête relève une plus grande propension à donner ou à faire confiance aux associations locales, plutôt qu’à des organisations nationales ou internationales. Le rapport relève la présence locale comme un levier important pour que les organisations d’intérêt général suscitent le don.

Dans le cas français, lorsqu’ils sont interrogés sur comment a été fait le choix de l’organisation à laquelle ils ont adressé leur don, les répondants placent en premier, de loin, la notoriété de l’organisation (26% des répondants), devant la présence locale (10%) et les événements (8%).

Les réseaux sociaux ne sont cités que par 3% des répondants français, alors que c’est le premier canal pour connaître les organisations d’intérêt général au niveau mondial (14%) ! Sur ce point le rapport pointe un potentiel retard pour les organisations françaises, qui n’auraient pas encore suffisamment investi les médias sociaux. Il y aurait donc ici un potentiel de développement pour les organisations d’intérêt général en France.

World Giving Report donor insight 2025 graphique sources

Charities Aid Foundation et Fondation de France : Giving in France

 

 

Une place singulière pour le bénévolat en France

Au niveau mondial, 26% des répondants déclarent effectuer des actions bénévoles. Avec 14h30 de bénévolat par personne en 2024, c’est le continent Africain qui se place comme le plus généreux.

En Europe, la moyenne s’établirait à 6h30 par personne, et 8h20 en France. Ce chiffre masque toutefois un engagement particulièrement intense des bénévoles français : en prenant le chiffre parmi les seuls bénévoles, il s’élève à 40h par personne en 2024 !

Les bénévoles français se montrent en effet particulièrement engagés. Ils sont 18% à déclarer avoir donné du temps gratuitement plus de 30 fois en 2024, soit le double de la moyenne européenne (9%) et significativement davantage que la moyenne mondiale (12%). Ces chiffres montrent que si une petite partie des Français effectue des actions bénévoles, le niveau d’engagement de ces derniers est extrêmement élevé.

World Giving Report donor insight 2025 graphique bénévolat

Charities Aid Foundation et Fondation de France : Giving in France

 

Des différences marquées selon l’âge des donateurs

Tout au long du rapport, les auteurs pointent des différences marquées selon l’âge des répondants, qui pourraient laisser entrevoir de nettes évolutions à l’avenir.

Les 18-34 ans seraient beaucoup plus nombreux à pratiquer le don direct envers les personnes dans le besoin (25% contre 6% des + de 55 ans). Ils consacreraient une part plus importante de leurs revenus au don que leurs aînés : 0,6% contre 0,4% chez les + de 55 ans.

Les causes soutenues seraient également fortement influencées par l’âge des répondants. Les 18-34 ans donneraient davantage pour la protection animale (25%, contre 18% des + de 55 ans), l’éducation (21% contre 10%) et l’enfance et la jeunesse (12% contre 3%). Les + de 55 ans seraient 37% à soutenir des causes liées à la santé. Plus généralement, les 18-34 ans donneraient à davantage de causes : 2,5 causes en moyenne contre 2 pour les autres tranches d’âge.

Autre déterminant que relève le rapport, pour la première raison de ne pas donner (ne pas avoir les moyens), il existe une différence notable entre les femmes et les hommes. Les femmes sont 49% à déclarer ne pas avoir pu effectuer de dons faute de moyens, contre 38% des hommes.

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