Legacy Giving Report – Smee and Ford et Legacy Futures – Mai 2026

Legacy Giving Report – Smee and Ford et Legacy Futures – Mai 2026

Publié le 27 août 2026 - Mis à jour le 28 août 2026
Ressource Etude

L’édition 2026 du Legacy Giving Report s’appuie sur les données les plus récentes pour faire un état des lieux des dons aux organisations d’intérêt général sous forme de legs et libéralités en Royaume-Uni. Il prévoit une croissance annuelle de 4,7% de ce type de dons d’ici 2031, expression d’une tendance lourde observée depuis déjà dix ans, et formule 5 recommandations aux organisations pour le développer.

Périmètre et méthodologie

Publié par Smee and Ford et Legacy Futures, ce rapport fait un état des lieux de la conjoncture des dons sous forme de legs et libéralités au Royaume-Uni, et propose une analyse prospective. Il s’agit de la deuxième édition, suite à un premier rapport en 2025 qui faisait état d’un volume exceptionnel de dons lié à un rattrapage administratif des autorités judiciaires.

Les données utilisées sont issues de deux sources principales :

  • Les données de Smee and Ford, collectées à partir des legs et libéralités reçus par les organisations d’intérêt général à partir des testaments de personnes vivant en Angleterre et au Pays de Galles
  • La base de données de la Charity Commission, auprès de laquelle les organisations qui collectent plus de 500 000£ doivent déposer leurs comptes. Cette source ne couvre également que l’Angleterre et le Pays de Galles.

Des données supplémentaires auprès de ces deux mêmes sources permettent au rapport de se baser sur des estimations pour l’Ecosse et l’Irlande du Nord. Enfin, les analyses prospectives s’appuient sur l’expertise des équipes de Legacy Futures, croisées avec les données macro-économiques et démographiques disponibles.

Il est à noter que ces données se basent sur des sources qui dépendent de l’émission par les autorités judiciaires britanniques de « grants of probate », des documents légaux qui attestent de l’autorité d’un exécuteur testamentaire sur la distribution des biens issus d’une succession. Ces autorités ont fait l’objet d’un engorgement conséquent qui a atteint un pic en 2023 et a fait l’objet d’un rattrapage en 2024, ce qui crée un effet d’optique pour cette année en particulier avec une augmentation importante des sommes collectées, mais ne reflète pas la réalité de la conjoncture des legs et libéralités au Royaume-Uni. Le rapport incite à inscrire ses analyses dans des tendances longues, plus représentatives des mouvements en cours.

4,4 milliards de livres en 2025

Le rapport comptabilise 4,4 milliards de livres de legs et libéralités à destination des organisations d’intérêt général au Royaume-Uni en 2025. Il s’agit d’une légère baisse par rapport au chiffre de 2024 (4,6 milliards, en partie gonflé par un effet statistique lié à l’administration judiciaire), un rattrapage néanmoins moins prononcé qu’anticipé par le précédent rapport. Au total, le rapport relève une croissance continue sur la dernière décennie, à un rythme annuel moyen soutenu de 4,3%.

Graphique évolution Legacy giving report 2026

Les testaments incluraient par ailleurs souvent des dons à plusieurs organisations : 2,9 organisations en moyenne, un chiffre équivalent à celui du précédent rapport. Plus d’un tiers des testaments comporteraient un seul legs (37%), 20% deux, et 27% entre 3 et 5. 15% des testaments nomment plus de 5 organisations, avec un record de 224 en 2025.

Un don moyen de 44 000£

Le don moyen s’est établi en 2025 à 44 000£ pour 104 000 legs effectués. Ces dons se décomposent en 41 000 legs « residual bequest » (une part de la succession restante après d’autres paiements), 60 000 legs « pecuniary bequest » (une somme fixe) et 3 000 legs « effects » (un objet ou une propriété en particulier).

Legacy giving report 2026 nombre de libéralités par type et montant

Les « pecuniary bequest » représentent un montant de don moyen plus bas (6 100£), pouvant être de petites sommes (les montants les plus fréquents étant 500, 1 000 et 5000£).

Les « residual bequest » représentent à l’inverse un montant de don moyen plus élevé de 98 000£, avec des écarts importants de montant entre de petites sommes et des sommes extrêmement élevées et une concentration des montants de don autour des 50 000£.

Quant aux dons d’objets ou de propriétés, le rapport relève un lien affectif fréquent du donateur avec la cause soutenue, et entre la cause et l’objet légué.

La santé et la cause animale concentrent près de la moitié des dons

La santé serait la première cause soutenue via les legs et libéralités, avec 34% du total des sommes versées. Parmi les 800 organisations soutenues sur cette cause en 2025, 10 concentrent plus de la moitié des dons.

Une catégorie « autres » composée d’organisations comme la RNLI (Royal National Lifeboat Institution) ou l’Armée du Salut concentre 29% des legs et libéralités.

La cause animale représente 15% du montant 2025, concentré sur 6 organisations.

Legacy giving report 2026 graphique causes

En termes d’évolution :

  • La cause animale et l’aide au développement affichent la plus forte croissance annuelle moyenne sur 5 ans (respectivement +8,6% et +7,7%).
  • La santé et le handicap suivent avec une croissance moyenne autour de 6%.
  • Les forces armées et l’enfance sont en retrait, avec un rythme annuel moyen inférieur à 2%.

Le rapport relève également que les organisations dédiées entièrement à la religion ont affiché une croissance moyenne très limitée, en dessous des 1%, et que les églises et organisations religieuses de solidarité internationale ont montré des croissances solides mais plus lentes que les structures équivalentes laïques.

10 milliards de livres d’ici 2046 ?

Le rapport anticipe une croissance annuelle moyenne du montant des legs et libéralités à destination des organisations d’intérêt général au Royaume-Uni de 4,7% d’ici à 2031, soit un rythme plus soutenu que le taux annuel qu’il projette à long terme de 4,4%. Cela aboutirait à un montant global collecté de 5 milliards de livres d’ici 2029. Il présente ces prévisions comme « relativement optimistes », compte tenu du niveau d’incertitude lié au contexte macro-économique, qui pèse sur la conjoncture de court terme.

Legacy giving report 2026 graphique projection

Dans le plus long terme, le rapport anticipe une accélération de la collecte de legs et libéralités, portée principalement par une augmentation significative des décès avec la cohorte des baby-boomers qui atteindra un âge avancé. Il projette un montant global de 10 milliards de livres d’ici 2046, ce qui correspondrait à une somme de 6,7 milliards en prenant en compte l’inflation.

L’évolution du profil des donateurs modifie les pratiques de don

La croissance de la part des baby-boomers parmi les décès, qui devrait représenter plus de la moitié dans les années 2030 et 2040, s’accompagne d’une évolution des pratiques et pose de nouveaux défis aux organisations. Le rapport relève que les études effectuées sur ce profil de donateurs indiquent qu’ils pourraient léguer des sommes plus importantes que leurs aînés à des organisations d’intérêt général, mais aussi qu’ils sont plus susceptibles de présenter des successions plus complexes, avec des legs à plusieurs organisations. Il souligne que cela peut représenter un enjeu sur la capacité administrative des organisations à recevoir ces dons.

Une évolution plus globale de la société sur la préparation des successions semble également être à l’œuvre : la rédaction des testaments aurait lieu de plus en plus tôt dans la vie, avec un âge moyen de 50 ans, et des générations plus jeunes qui l’envisageraient plus tôt. Les données disponibles montreraient que deux tiers des baby-boomers (62-80 ans) auraient un testament, et un tiers de la génération X (46-61 ans), mais que ces derniers seraient plus susceptibles d’inclure une organisation d’intérêt général dans leur succession. Il s’agit de signaux positifs qui soulignent l’enjeu de s’adresser à l’ensemble des profils de donateurs.

5 recommandations aux OSBL pour développer les libéralités

Le rapport formule 5 recommandations générales aux organisations d’intérêt général pour développer leur collecte de legs et libéralités dans les années futures :

  • Identifier : Les baby-boomers représentent aujourd’hui 23% des décès au Royaume-Uni, mais cette part sera supérieure à 50% d’ici le milieu des années 2030. Le rapport recommande de croiser les données externes et une connaissance fine de la base de donateurs pour prioriser les cibles d’engagement, en relevant que la fenêtre d’opportunité se rétrécit.
  • Informer : Mettre en valeur l’action des organisations d’intérêt général et renforcer la confiance du public
  • Connecter : Travailler une relation de long terme avec les donateurs, qui sont bien plus susceptibles d’inclure une organisation d’intérêt général dans leur testament lorsqu’ils la soutiennent de longue date. La relation avec les légataires et la compréhension de leurs motivations est une clé de compréhension des leviers d’engagement.
  • Lever les freins : Mobiliser dans une logique de continuum de l’engagement : des actions simples et peu engageantes (comme signer une pétition) peuvent conduire à des gestes plus importants en plaçant les individus dans une posture d’action.
  • Normaliser : Renforcer les normes sociales positives, comme la générosité et le lien et rappeler au public que l’empathie est plus répandue que ce qu’ils croient pour encourager plus de personnes à agir.

Nous vous recommandons