La France bénévole 2026 – Recherches et Solidarités

La France bénévole 2026 – Recherches et Solidarités

Publié le 3 juin 2026 - Mis à jour le 16 juin 2026
Ressource Etude

Pour cette 21ème édition de leur étude annuelle, Recherches et Solidarités dresse un portrait de la France bénévole. Elle estime à 25% la part des Français bénévoles et détaille leur niveau d’investissement (régulier ou ponctuel), leur profil, leurs motivations et leurs attentes. Pour la première fois, cette édition se penche également sur les émotions ressenties des bénévoles. Autant d’informations utiles pour comprendre qui sont les bénévoles en 2026 et quels seraient les leviers pour mieux les mobiliser.

Méthodologie

L’étude est basée sur les résultats de deux enquêtes distinctes :

  • Une enquête par sondage menée en partenariat entre Recherches et Solidarités et IFOP en janvier 2026 sur un échantillon de 3 155 français de 15 ans et plus
  • Le baromètre « opinion des bénévoles » mené par Recherches et Solidarités entre mars et avril 2026 auprès de 3 749 bénévoles

 

25% des Français sont bénévoles

En 2026, 25% des Français donneraient du temps à une ou des associations, un chiffre en légère hausse depuis la première mesure en 2010 (22,5%). L’étude distingue les bénévoles ponctuels, qui donnent du temps à l’occasion d’un événement ou à une période précise de l’année (6%) et les bénévoles tout au long de l’année, qui donnent du temps au moins une fois par mois (19%).

Cela correspondrait à une estimation de 13 à 13,5 millions de bénévoles en France, dont 3 millions de façon ponctuelle et 10 millions tout au long de l’année. Parmi ces derniers, 5 à 5,2 millions donneraient du temps chaque semaine, soit 500 000 de moins que pour l’estimation de l’édition 2025.

tableau part de bénévoles France bénévole 2026

Source : IFOP/Recherche et solidarités, enquête auprès de 3155 français de 15 ans et plus, janvier 2026

Le bénévolat régulier en recul pour la première fois depuis 2022

Les évolutions observées documentent une mutation de l’engagement bénévole. Le bénévolat ponctuel a progressé (de 4,5% des Français en 2010 à 6% en 2026), et à l’inverse le bénévolat le plus régulier, plus d’une fois par semaine, a reculé (de 12,5% en 2010 à 10% en 2026). L’étude relève à ce titre une fragilisation de la « colonne vertébrale » des associations.

La part de Français bénévoles tout au long de l’année est en recul en 2026 à 19% (21% en 2025), après plusieurs années de hausse continue. Elle reste toutefois plus élevée qu’en 2024 (17%). L’étude propose des hypothèses pour expliquer cette tendance : contexte socio-économique, difficultés du secteur associatif… Elle mesure l’effet du contexte sur l’engagement des bénévoles : 8% le considèrent comme un frein à leur engagement, tandis que 50% affirment qu’il l’encourage ou le renforce.

Bénévolat régulier France bénévole 2026

Source : IFOP/Recherche et solidarités, enquête auprès de 3155 français de 15 ans et plus, janvier 2026

D’une façon générale, l’étude détaille des mutations importantes sur la population bénévole, dont l’engagement est plus souvent ponctuel, avec des besoins d’action et des attentes démocratiques en augmentation. Elle relève également un impact du contexte et des déceptions différenciés selon les catégories de bénévoles (jeunes/plus âgés, femmes/hommes, plus diplômés/moins diplômés). Cela souligne la nécessité de susciter des formes de bénévolat différentes selon les publics, en prenant en compte des fonctionnements et des ressorts spécifiques.

 

Un engagement collectif et altruiste

L’étude s’est penchée sur les motivations et les satisfactions que les bénévoles retirent de leur engagement. Les motivations les plus citées relèvent de motifs altruistes et collectifs : « être utile et agir pour les autres » (réponse choisie par 85% des personnes interrogées), « la cause défendue par mon association » (61%). Les motivations plus personnelles et individuelles sont au second plan : « mon épanouissement personnel » (42%), « acquérir des compétences » (28%).

motivations bénévolat france bénévole 2026

Source : Recherche et solidarités, baromètre opinion des bénévoles, enquête auprès de 3749 bénévoles, mars-avril 2026

Ces réponses trouvent un écho sur les satisfactions exprimées : « les contacts et des rencontres avec les autres » (68%), « agir, être dans l’action » (61%), « l’ambiance conviviale dans mon association » (57%), soit des satisfactions ayant trait au lien, au fait d’agir avec et pour les autres.

Cette analyse est confirmée par une question sur ce que permet l’activité bénévole pour les personnes interrogées : 70% citent « être à l’écoute et attentif aux autres », 52% le fait de « mener des projets en équipe ». Tous ces éléments tendraient à souligner l’importance pour les associations sollicitant des bénévoles de porter une attention particulière à l’accueil, l’accompagnement et les espaces de liens en leur sein.

 

Les ressentis positifs dominent chez 8 bénévoles sur 10

Pour la première fois, l’étude a abordé la question des émotions ressenties par les bénévoles en lien avec leur engagement. Les ressentis positifs sont prédominants : 81% des personnes interrogées citent le « plaisir » et « l’épanouissement », et 14% se positionnent sur « la désillusion » (7%) ou « l’inquiétude » (7%). Fait intéressant, les plus jeunes citent davantage d’émotions ressenties que les plus âgés.

Graphique ressenti bénévoles france bénévole 2026

Source : Recherche et solidarités, baromètre opinion des bénévoles, enquête auprès de 3749 bénévoles, mars-avril 2026

L’analyse des facteurs liés à ces émotions renseigne sur les freins et leviers de l’engagement. Ainsi, le facteur le plus déterminant pour les émotions positives est « l’ambiance conviviale », tandis que « l’inquiétude » semble plutôt liée à des problématiques de moyens humains ou financiers, et la « désillusion » à des facteurs internes (fonctionnement de l’association, relations entre les membres).

 

Un renouvellement générationnel de la population bénévole

L’étude détaille les profils de Français bénévoles. Cela permet notamment de relever des évolutions importantes au niveau de l’âge des bénévoles. Elle observe un recul conséquent de la part de bénévoles chez les 65 ans et plus (28% en 2026, contre 38% en 2010), et une progression importante de la part de bénévoles chez les 15-24 ans (24%, contre 16% en 2010), les 25-34 ans (27%, 15% en 2010) et les 35-49 ans (24%, 17% en 2010).

Les bénévoles les plus jeunes sont cependant moins nombreux que leurs aînés à être bénévoles tout au long de l’année (19% des 25-34 ans, 8% chaque semaine ; contre 26% des 65-69 ans, 19% chaque semaine). A ce titre l’étude confirme un « cap » à 65 ans, à partir duquel l’engagement tout au long de l’année est nettement plus présent : les retraités sont une composante centrale de la « colonne vertébrale » des associations, auxquelles ils peuvent consacrer davantage de temps que le reste de la population. A eux seuls, les 65 ans et plus représentent 41% des bénévoles donnant du temps au moins une fois par semaine.

graphique bénévolat régulier par tranche d'âge france bénévole 2026

Source : IFOP/Recherche et solidarités, enquête auprès de 3155 français de 15 ans et plus, janvier 2026

La baisse de la part de bénévoles réguliers se concentre sur les femmes

L’édition 2026 confirme une différence d’engagement bénévole entre les hommes et les femmes : 28% des hommes seraient bénévoles, et 22% des femmes. Le détail de cette mesure fournit un éclairage intéressant sur la baisse de la part de bénévoles tout au long de l’année : elle passe de 24% à 22% pour les hommes entre 2025 et 2026 (mais continue de progresser pour la part de bénévoles au moins une fois par semaine, de 11 à 12%), et elle chute de 19% à 16% pour les femmes (et de 11% à 8% pour les femmes bénévoles au moins une fois par semaine).

graphique bénévolat femmes hommes france bénévole 2026

Source : IFOP/Recherche et solidarités, enquête auprès de 3155 français de 15 ans et plus, janvier 2026

Les éléments de contexte conduisant à une baisse du bénévolat régulier impacteraient donc plus fortement les femmes que les hommes. Temps disponible, charge mentale, situation économique sont autant d’éléments qui pourraient avoir joué un rôle dans ce constat. En 2026, 58% des bénévoles donnant du temps chaque semaine sont des hommes.

 

La « fracture associative » toujours présente

Le niveau de diplôme reste un déterminant important de l’engagement bénévole en 2026. Cette « fracture associative » est nette : 32% des français ayant un niveau de diplôme supérieur à Bac +2 seraient bénévoles, contre seulement 18% des Français ayant un CEP, un BEPC ou sans diplôme et 17% des français ayant un CAP ou un BEP. Cela s’observe également dans les chiffres sur l’adhésion à une association : 32% des moins diplômés (sans diplôme, enseignement primaire, BEPC, CAP, BEP…) adhèreraient à une association, contre 57% des plus diplômés (diplôme supérieur à Bac+2).

graphique fracture associative bénévolat niveau de diplôme france bénévole 2026

Source : IFOP/Recherche et solidarités, enquête auprès de 3155 français de 15 ans et plus, janvier 2026

La différence est marquée pour la part de bénévoles tout au long de l’année : 13% pour les moins diplômés, 24% pour les plus diplômés. D’une façon générale, plus le niveau de diplôme est élevé, plus la part de bénévole tout l’année augmente. L’écart est également net pour les bénévoles donnant du temps chaque semaine (7% des moins diplômés contre 12% des plus diplômés), mais la corrélation est moins significative au-dessus du niveau Bac. Fait intéressant, la catégorie des moins diplômés a connu une baisse sur cet indicateur en 2026, passant de 9% à 7%. L’étude relève enfin que si l’engagement des moins diplômés est plus rare, il est également plus intense lorsqu’il a lieu.