La France associative en mouvement – Recherches et Solidarités – 2025

La France associative en mouvement – Recherches et Solidarités – 2025

Publié le 10 janvier 2026 - Mis à jour le 31 mars 2026
Ressource Etude

La 23ème édition de l’étude « La France associative en mouvement » a été publiée en octobre 2025 par Recherches et Solidarités. Elle souligne la vitalité des associations, portées par l’engagement de leurs salariés et de leurs membres. Elle pose également la question de la limite de leur résilience dans un contexte économique inquiétant.

L’étude se fonde sur l’analyse des chiffres issus de plusieurs sources publiques, dont le Répertoire National des associations (RNA), les chiffres de l’URSSAF et de la MSA, et les chiffres de l’INSEE issus des Déclarations Sociales Nominatives (DSN). Elle utilise également les données issues de son baromètre du moral des responsables associatifs réalisé du 15 avril au 16 juin 2025 auprès de 2 285 responsables associatifs.

La vitalité des associations portée par l’engagement des Français

La France compte 1,6 millions d’associations actives, dont 9 sur 10 fonctionnent sans salarié. Entre juillet 2024 et juin 2025, 74 000 nouvelles associations ont été créées, soit l’un des niveaux les plus élevés jamais enregistrés depuis plus de dix ans.

Plus de la moitié de ces créations concerne les secteurs de la culture, du sport et des loisirs. Cela témoigne d’une dynamique surprenante dans un contexte de difficultés économiques des associations, sur fond de baisse des financements publics.

nombre de créations de nouvelles associations par an entre 2010 et 2025

Ces associations sont notamment portées par un engagement important des Français : l’étude évalue à 13 millions le nombre de bénévoles, dont 5,5 millions engagés et actifs chaque semaine ! Il tendrait également à se renforcer, avec des dynamiques intéressantes chez les moins de 35 ans, les plus de 65 ans et les 50-64 ans. En revanche, l’étude constate une « fracture associative », avec une corrélation entre le niveau de diplôme et le taux d’adhésion à une association.

évolution de la pratique du bénévolat par tranche d'âge entre 2023 et 2025

 

Les associations employeuses résistent

Le nombre d’établissements employeurs associatifs se stabilise autour de 153 000 depuis 2022, avec une légère baisse de 0,3% en 2024.

évolution du nombre d'établissements employeurs associatifs entre 2013 et 2024

Les effectifs salariés continuent de progresser (+1%, 1,924 millions en 2024), malgré une conjoncture dégradée entre le troisième trimestre 2024 et le premier trimestre 2025 (-0,7% pour les effectifs salariés des associations et -0,5% pour ceux de l’ensemble du privé).

Cela confirme le poids économique des associations, qui représentent 9% des salariés du privé et une masse salariale de 51 milliards d’euros en 2024.

Elles sont présentes dans tous les secteurs d’activité, mais représentent une part très significative de l’action sociale, notamment pour l’accueil et l’hébergement des personnes handicapées ou l’aide par le travail (de l’ordre de 90% des établissements employeurs du privé pour ces deux secteurs). Elles sont également très présentes dans les secteurs du sport (66% des établissements employeurs du privé), de l’enseignement (53%), et dans une moindre mesure de la santé (23%) et des activités culturelles (25%).

Des perspectives inquiétantes pour de nombreuses associations

L’étude souligne un moral en berne pour les responsables associatifs, à partir des chiffres du baromètre du moral des responsables associatifs de Recherches et Solidarités. Ainsi, 53% des employeurs interrogés et 29% des dirigeants sans salariés jugent leur situation financière difficile ou très difficile. 40 000 associations sans salariés et 12 000 employeuses craindraient de devoir réduire leur activité à la rentrée 2025.

Les inquiétudes se concentrent sur la situation financière, la disponibilité des bénévoles, le renouvellement des dirigeants, l’évolution des politiques publiques et les relations avec les collectivités et l’Etat. Pour les associations employeuses s’ajoutent des préoccupations sur la pérennité des emplois et la gestion des ressources humaines. L’humanitaire, la solidarité internationale, l’environnement, la jeunesse et l’éducation populaire seraient les secteurs d’activité les plus exposés.

Néanmoins, l’étude relève aussi qu’une nette majorité des associations interrogées envisagent de nouveaux projets : 59% des associations sans salariés et 57% des employeuses.