European Non-profit pulse 2025

European Non-profit pulse 2025

Publié le 3 mars 2026 - Mis à jour le 3 juin 2026
Ressource Etude

Publiée en décembre 2025, cette édition du European non-profit pulse a été réalisée par l’European Fundraising Association (EFA), avec le Chartered Institute of Fundraising (CIOF) et Salesforce. Le rapport dresse un état des lieux de l’environnement économique des organisations sans but lucratif européennes. Il souligne notamment une augmentation très nette des besoins observés par les organisations en comparaison avec l’édition 2024, sans hausse des financements associée. Il pointe également une généralisation rapide de l’usage de l’IA au sein des organisations sans but lucratif (OSBL) européennes.

Méthodologie

Le rapport a été élaboré à partir de données récoltées par Salesforce via une enquête menée en avril 2025 auprès de 751 organisations sans but lucratif dans 4 pays européens (183 en France, 300 au Royaume-Uni, 194 en Allemagne et 74 aux Pays-Bas). Il s’appuie également sur les éclairages de plusieurs experts européens. Publié annuellement, il permet d’observer les évolutions dans le temps de l’environnement économique des OSBL européennes.

 

Une hausse des besoins sans hausse des financements

Le rapport constate une hausse très nette des besoins constatés par les organisations interrogées. La moitié d’entre elles a déclaré avoir observé une augmentation de la demande pour leurs services en 2024, soit 22% de plus que pour l’édition précédente de l’enquête. Le chiffre varie cependant selon les pays : 37% en France, et jusque 60% au Royaume-Uni.

Cette hausse des besoins ne s’accompagne pas d’une hausse des ressources : seulement un quart des organisations interrogées a constaté une augmentation de leurs financements. A ce titre, le rapport mentionne que les organisations interrogées considèrent souvent qu’on leur demande de « faire plus avec moins ». Le financement apparaît d’ailleurs comme leur première cause de préoccupation, citée par 36% des répondants.

 

Des difficultés RH très présentes

Les enjeux de ressources humaines apparaissent également comme un point majeur pour une part importante des structures interrogées. Le recrutement et la fidélisation des équipes salariées sont cités respectivement par 29% et 27% des répondants comme des défis importants, et le bien-être des salariés par 20%. En réponse, plus d’un tiers des organisations (36%) déclarent avoir renforcé leur investissement dans le bien-être de leurs équipes au cours de l’année écoulée, contre 29% lors de l’édition précédente.

Il est à noter que les enjeux de recrutement arrivent en tête des préoccupations des structures françaises, qui sont plus d’un tiers à les avoir cités (34%), dépassant de peu le financement et la gestion de la charge de travail (32%).

 

Les organisations françaises se sentent peu soutenues par le gouvernement

Le soutien politique au secteur de la générosité est perçu très différemment selon les pays observés par le rapport. 89% des organisations néerlandaises estiment leur gouvernement favorable au secteur, contre seulement 44% en Allemagne, 21% en France et 20% au Royaume-Uni.

La France et le Royaume-Uni se distinguent donc par un fort manque de soutien perçu de la part du gouvernement par les organisations interrogées. Le rapport souligne cet élément comme un point de vigilance dans un contexte où les coupes budgétaires dans l’aide publique affectent directement 27% des organisations interrogées au niveau européen.

 

Une évolution des stratégies de collecte

Pour faire face à ce contexte tendu, les OSBL font évoluer leurs stratégies de levée de fonds. Près d’un tiers (30%) déclarent diversifier leurs canaux de collecte, contre 23% lors de l’édition précédente, en s’appuyant notamment sur le digital. Les réseaux sociaux restent le canal le plus utilisé (51% des organisations), et pour la première fois la publicité payante sur les réseaux sociaux dépasse le face-à-face dans le classement des canaux les plus utilisés.

La messagerie instantanée connaît quant à elle une progression notable, passant de 15% à 25% en un an. Les canaux traditionnels (téléphone et courrier) demeurent utilisés mais sont progressivement rattrapés par la croissance rapide des canaux digitaux. En parallèle, environ un quart des organisations renforcent leurs efforts d’acquisition et de fidélisation des donateurs, et 20% investissent davantage dans le don régulier.

 

L’adoption de l’IA en forte hausse

Le rapport met en lumière une progression très rapide de l’adoption d’outils d’intelligence artificielle par les OSBL interrogées. Lors de l’édition précédente, 13% des OSBL européennes déclaraient en utiliser. Ce chiffre est désormais de 48%, ce qui reflète une augmentation considérable des usages qui devrait probablement se prolonger.

L’adoption varie fortement selon les pays : 78% aux Pays-Bas contre 36% en France, où les organisations restent néanmoins optimistes puisque 47% se déclarent ouvertes à explorer davantage ces outils. Les réserves les plus citées sont la sécurité des données (49%), la protection de la vie privée (47%) et le risque de perte de compétences internes (34%). Signe de l’impact anticipé sur leurs activités, seules 7% des organisations déclarent n’avoir aucune préoccupation vis-à-vis de l’IA.

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