Global Philanthropy Environment Index 2025

Global Philanthropy Environment Index 2025

Publié le 8 avril 2026
Ressource Etude

La troisième édition du « Global Philanthropy Environment Index » (indice mondial de la Philanthropie) a été publiée en décembre 2025 par l’Université de l’Indiana. Ces travaux, publiés tous les 3 à 4 ans, mobilisent 173 experts internationaux pour évaluer dans quelle mesure l’environnement de 95 pays est favorable ou non au développement de la philanthropie. Zoom sur quelques enseignements de cette étude…

L’édition 2025 du Global Philanthropy environment index porte sur la période de trois ans, comprise entre janvier 2021 et décembre 2023. Cette période a été marquée par de nombreux événements : la pandémie de COVID-19, l’accélération des innovations, des progrès rapides dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA), une inflation galopante, des catastrophes naturelles à grande échelle, des températures mondiales record, des conflits armés et des déplacements massifs de populations. Comme le montre cette étude, la philanthropie a joué un rôle dans chacun de ces événements.

 

Une majorité de pays ont un environnement favorable à la philanthropie

L’indice est calculé à partir de 6 variables clés, chacune notée de 1 à 5, qui permettent d’attribuer un score à chaque pays ou chaque zone observée :

  • La facilité d’opérer une organisation philanthropique : est-il facile de créer, de faire fonctionner, de dissoudre une organisation philanthropique ?
  • La présence et l’efficacité d’incitations fiscales au don
  • Les flux philanthropiques transfrontaliers : est-il aisé de donner ou de recevoir des dons depuis ou vers l’étranger ?
  • L’environnement politique : Les nouvelles législations adoptées ou en projet sont elles favorables à la philanthropie ? Les relations entre les organisations philanthropiques et les gouvernements sont-elles bonnes ?
  • L’environnement économique : Le contexte économique permet-il ou non de faciliter la création ou le développement d’une organisation philanthropique ?
  • L’environnement socio-culturel : La culture, l’histoire, les traditions du pays favorisent-elles la pratique du don et de la philanthropie ?

61% des pays étudiés obtiennent un score supérieur à 3,5, considéré par les auteurs du rapport comme attestant d’un environnement favorable à la philanthropie. Le score moyen s’établit à 3,60. Pour les 77 économies observées lors des précédentes éditions, les scores sont stables : 3,63 en moyenne pour 2025 et 3,65 en 2022 et 2018.

 

L’environnement économique et les flux transfrontaliers, principaux freins à un environnement favorable

Parmi les 6 critères, la facilité d’opérer une organisation philanthropique et l’environnement socio culturel sont ceux qui obtiennent les notes les plus élevées (respectivement 4 et 3,83 en moyenne).

L’environnement économique et les flux transfrontaliers obtiennent la note la plus basse (3,44 et 3,42). Pour ces deux derniers critères, le rapport observe par ailleurs une dégradation depuis le dernier rapport.

Sur les 15 zones étudiées, c’est l’Europe de l’Ouest qui présente l’environnement le plus favorable à la philanthropie, en obtenant un score supérieur à 3,5 dans l’ensemble des catégories. A l’inverse, l’Amérique latine se distingue par des scores inférieurs à 3,5 dans 5 catégories sur 6.

 

Et pour la France ?

L’étude propose des analyses par grande région du monde, notamment l’Europe occidentale dont fait partie la France. Le rapport fait état de changements significatifs survenus en Europe occidentale entre 2021 et 2023, largement influencés par la pandémie de COVID-19, l’instabilité politique et économique, ainsi que par des réformes législatives.

La pandémie a accéléré l’adoption de plateformes de dons en ligne et accru la demande de financements sans restriction, favorisant ainsi une plus grande flexibilité dans le fonctionnement des organisations philanthropiques. La région a également connu une augmentation record des dons destinés aux efforts de secours en Ukraine en 2022, soulignant l’engagement de la région envers les causes humanitaires internationales.

Dans ce contexte et sur cette période, la France obtient des scores globalement élevés. Initialement fixé à 4,31 pour cette édition, son score s’établit finalement à 4,56. Elle bénéficie d’une note maximale sur plusieurs critères : incitations fiscales, environnement politique et environnement économique. Ses notes les plus basses portent sur les flux transfrontaliers et l’environnement socio-culturel, tous deux à 4.

Global philanthropy environment index 2025 tableau France

Pour aller plus loin

Plus d’analyses sur les pays d’Europe occidentale, dont la France : ICI

Des recommandations pour rendre l’environnement plus favorable à la philanthropie

Pour l’avenir, parmi les évolutions notables qui influencent actuellement l’environnement philanthropique, on peut citer les transferts de richesse intergénérationnels, la polarisation politique, la réduction de l’aide publique au développement et les efforts régionaux visant à faciliter les dons transfrontaliers. À mesure que ces opportunités et ces défis mondiaux continuent de se manifester, la capacité et l’aptitude de la philanthropie à y répondre sont mises à l’épreuve, ce à quoi cette étude tente d’apporter des perspectives.

Le rapport formule 6 recommandations clés pour faire évoluer favorablement l’environnement des organisations philanthropiques.

  1. Il propose notamment d’agir sur l’environnement légal, en rendant les législations plus claires, et en abaissant les restrictions excessives.
  2. Il relève l’opportunité de simplifier les procédures, en s’appuyant en particulier sur la digitalisation.
  3. Il souligne également la nécessité de garantir la transparence sans décourager les donateurs en rendant trop complexe ou contraignant l’acte de don.
  4. Le rapport propose de moduler les règles en vigueur selon la taille des organisations, pour ne pas entraver le développement des plus petites. Elles peuvent en effet rencontrer des difficultés à mettre en place et à appliquer des procédures pensées pour des organisations de plus grande taille.
  5. Il propose également de renforcer l’infrastructure de soutien aux organisations philanthropiques, les outils de formation, d’accompagnement et de réseau.
  6. Enfin, le rapport appelle à renforcer la collaboration entre les gouvernements et les organisations philanthropiques. La recherche d’actions communes existe, relève-t-il, mais elles sont encore trop peu nombreuses, notamment sur des enjeux comme le changement climatique.