Éthique et encadrement de l’IA au sein des OSBL – ressources du webinaire

Éthique et encadrement de l’IA au sein des OSBL – ressources du webinaire

Publié le 8 octobre 2026
Ressource Support conférence

Résultats inédits du volet 2 du sondage 2026 sur l’usage de l’IA dans les OSBL, méthodologie de cartographie des risques par le Don en Confiance, bonnes pratiques pour rédiger sa charte éthique et sa politique d’usage, répartition des responsabilités dans la gouvernance de l’IA, et retours d’expérience de l’Ordre de Malte France et de Coalition Plus : toutes les clés pour encadrer l’IA dans son organisation sont à retrouver dans le replay et le support de présentation.

Le 8 octobre 2026, France générosités et le Don en Confiance ont réuni les organisations membres autour d’une question devenue centrale pour le secteur de la générosité : comment encadrer l’usage de l’intelligence artificielle de façon éthique, sécurisée et responsable ? Animé par Corentin Hue, responsable digital et développement de France générosités, ce webinaire a croisé données d’enquête, méthodologie de gestion des risques, recommandations opérationnelles et témoignages de terrain.

Intervenants :

  • Léo Voisin, chargé d’études, et Corentin Hue, responsable digital et développement (France générosités)
  • Marie Mispelter, directrice de l’excellence opérationnelle, et Anne Lise Dudragne, responsable de projets (Don en Confiance)
  • Charles de Chabot, DGA et DSI (Ordre de Malte France)
  • Vincent Leclercq, directeur général (Coalition Plus)

Partie 1 : les enseignements du volet 2 de l’étude sur l’usage de l’IA dans les OSBL

Conduite entre février et avril 2026 auprès de 375 professionnels issus de 199 organisations, l’étude de France générosités met en lumière un paradoxe : 55 % des répondants déclarent une politique d’usage ou une charte éthique finalisée ou en cours, mais les collaborateurs d’une même structure ne répondent pas de façon homogène, signe d‘un cadre encore méconnu en interne. L‘avancement de ce cadre dépend fortement de la taille des structures et, surtout, de l’existence d’un pilote interne : 72 % des répondants sans pilote déclarent l’absence de cadre, quand plus de 85 % de ceux disposant d’une task force dédiée en ont adopté un ou sont en train de le faire.

Les chartes restent principalement tournées vers l’interne (gouvernance des données à 60,5 %, alignement aux valeurs à 58,9 %), la confiance des donateurs et des bénéficiaires n’étant citée que par 20,2 % des répondants. Enfin, si 85,7 % font de la liste d’outils autorisés la première condition d’un usage responsable, près de la moitié des structures ne se sont pas encore prononcées sur le sujet, et 46,2 % des répondants ignorent si leur organisation est transparente sur l’usage de l’IA auprès de ses donateurs. Le support détaille l’ensemble de ces résultats par taille d’organisation, par pilote du déploiement et par outil utilisé.

Partie 2 : cartographie et management des risques, la méthode du Don en Confiance

Marie Mispelter a montré comment intégrer l’IA dans une démarche globale de management des risques, articulée autour de quatre étapes :

  1. cartographier tous les risques, dont ceux liés à l’IA ;
  2. évaluer la pertinence du recours à l’IA pour son activité ;
  3. piloter en intégrant l’IA dans le système global de prévention ;
  4. animer la gouvernance des risques au quotidien.

Cette démarche apporte trois gains concrets : une structure plus résiliente, la protection de ses ressources, de ses équipes et de sa réputation, et une crédibilité renforcée auprès des parties prenantes. Pour passer de la théorie à la pratique, deux recommandations ont été formulées : partager la compréhension de la démarche avec toutes les parties prenantes, et monter en compétences progressivement, du diagnostic jusqu’à la gestion de crise et au plan de continuité, notamment grâce à l’Académie Don en Confiance proposée aux organisations membres.

Partie 3 : les bonnes pratiques du guide « Encadrer l’usage de l’IA au sein des associations et fondations »

Anne Lise Dudragne et Corentin Hue ont présenté les recommandations clés du guide coécrit par France générosités et le Don en Confiance en mars 2026, structuré en trois étapes : exploration des opportunités, analyse des risques et construction d’un cadre sécurisé.

Le webinaire a d’abord détaillé la répartition des responsabilités entre conseil d’administration et direction générale, comité de pilotage dédié à l’IA, équipes techniques, juristes et responsables conformité, responsables métiers et utilisateurs finaux. Il a ensuite clarifié la différence entre charte éthique, qui répond au « pourquoi » et aux valeurs, et politique d’usage, qui fixe les règles du quotidien, avant de lister les éléments indispensables à cette dernière : classification des informations par niveau de confidentialité, inventaire des risques saillants, usages autorisés et interdits, méthode de sélection des outils et liste des outils approuvés par usage. Ces recommandations couvrent cinq grandes catégories de risques : réglementaires, éthiques, professionnels, sociétaux et environnementaux.

Partie 4 : les témoignages de l’Ordre de Malte France et de Coalition Plus

Deux organisations membres ont partagé leur expérience concrète.

Charles de Chabot a présenté la feuille de route de l’Ordre de Malte France, du cadrage aux usages : révision de la charte informatique et adoption d’une charte IA en avril 2025, politique de sécurité des systèmes d’information, note interne sur les risques en janvier 2026, puis sensibilisation des collaborateurs (webinaires, parcours d’accompagnement, ateliers en petits groupes) et ouverture encadrée des outils autorisés, le tout guidé par trois exigences : sécuriser, encadrer et conserver l’humain au cœur des décisions.

Vincent Leclercq a retracé le parcours de Coalition Plus, depuis la création d’un groupe de travail IA en janvier 2024 et l’adoption d’une résolution par le conseil d’administration en octobre 2024, jusqu’au déploiement d’un chatbot interne nourri par plus de 50 sources et d’un outil intégré baptisé « L’Agora ». Son intervention a aussi ouvert un débat stimulant : avec un gain de productivité estimé à 41 jours par an et par salarié, soit l’équivalent de 13 ETP, comment répartir équitablement ces gains entre temps de travail, rémunérations et missions sociales ?

Accéder au replay et au support de présentation

Pour retrouver l’intégralité des échanges, les graphiques détaillés de l’étude, les recommandations du guide et les questions posées par les participants, le replay et le support de présentation sont disponibles ci-dessous.

Pour aller plus loin