La pratique du Don In Memoriam chez les Français
La pratique du Don In Memoriam chez les Français
Publié le 6 octobre 2026 - Mis à jour le 4 octobre 2026
Combien de Français donnent en mémoire d’un proche disparu, qui sont-ils et restent-ils engagés auprès de l’organisation qu’ils ont soutenue ? Les premières réponses inédites à ces questions sont disponibles ! Décryptage.
Pour la première fois, le Baromètre Image et Notoriété réalisé par l’IFOP pour France générosités consacre un focus au don in memoriam. Ses enseignements sont nets : près d’un tiers des Français a déjà donné en mémoire d’un proche disparu, une pratique portée par les jeunes générations et qui ouvre souvent la voie à une relation durable avec l’organisation bénéficiaire. Des résultats présentés lors de la Matinée Don In Memoriam du 6 octobre 2026.
Une pratique déjà largement répandue
44 % des donateurs ont déjà fait un don en mémoire d’un proche disparu à une association ou une fondation, soit 31 % des Français. Le don in memoriam n’a donc rien d’un geste marginal : il fait déjà partie de l’expérience de générosité de millions de personnes. Pourtant, la pratique demeure mal connue. Peu de familles savent que ce geste porte un nom, ni qu’un parcours simple existe pour l’organiser au moment des obsèques ou après.
Le baromètre montre aussi qu’aucun canal ne domine. Les donateurs se répartissent à parts égales entre les trois formes du don in memoriam :
- 16 % ont donné par une collecte physique durant la cérémonie d’hommage (les « quêtes décès ») ;
- 16 % par une cagnotte en ligne ouverte par les proches ;
- 16 % directement sur le site de l’association ou de la fondation bénéficiaire.
(Sous-total logique, les interviewés ont pu donner plusieurs réponses « Oui » et ne sont comptés qu’une seule fois dans le calcul du total. )
Une même personne a pu emprunter plusieurs de ces canaux au fil du temps. Cet équilibre rappelle une réalité forte : le don in memoriam est avant tout une motivation, qui s’exprime par des voies multiples. Les organisations ont donc intérêt à proposer un parcours clair sur chacune d’elles.
Une pratique portée par les jeunes générations
C’est l’un des enseignements les plus marquants de l’étude : le don in memoriam est d’abord le fait des plus jeunes et correspond aux attentes des nouveaux donateurs. 72 % des donateurs de 18 à 24 ans ont déjà donné en mémoire d’un proche, et 62 % des 25-34 ans. La proportion décroît ensuite avec l’âge, jusqu’à 18 % chez les donateurs de 75 ans et plus.

Source de l’image : Baromètre Image et Notoriété 2026, IFOP pour France générosités
Les résultats de l’étude bouscule l’image d’une générosité in memoriam réservée aux donateurs les plus âgés. Il fait écho à une autre tendance de fond : les obsèques se personnalisent, et une partie des 18-34 ans attend des services complémentaires encore peu proposés, comme un espace en mémoire du défunt (Observatoire et prospective du funéraire réalisée par CWays pour la Fédération Nationale du Funéraire, 2024)
La pratique varie aussi selon les revenus, mais pas dans le sens attendu. Elle concerne 57 % des donateurs des catégories pauvres (moins de 900 € par mois) et 45 % des catégories modestes, contre 33 % à 39 % dans les classes moyennes et 36 % dans les catégories aisées. Le don in memoriam apparaît ainsi comme un geste de solidarité accessible à tous, quel que soit le niveau de revenus.
Une porte d’entrée vers une relation durable
67 % des donateurs in memoriam ont continué à soutenir l’organisation bénéficiaire après ce premier don. Dans le détail, 51 % l’ont fait de leur propre initiative et 16 % à la suite d’une sollicitation de l’organisation.

Source de l’image : Baromètre Image et Notoriété 2026, IFOP pour France générosités
Le chiffre le plus éclairant concerne les 33 % qui n’ont pas poursuivi : 23 % des donateurs in memoriam l’auraient fait si on les avait sollicités, et seuls 10 % ne le souhaitent pas. Autrement dit, près d’un donateur in memoriam sur quatre attend simplement qu’on lui propose de prolonger son engagement. Un remerciement personnalisé, un bilan de collecte transmis à la famille ou des nouvelles des actions financées peuvent suffire à transformer un geste ponctuel en soutien régulier.
Un potentiel encore sous-exploité en France
En France, le don in memoriam représente déjà plusieurs dizaines de millions d’euros par an. Au Royaume-Uni, où la pratique est ancienne et bien installée, il atteint chaque année 1,8 à 2,4 milliards de livres, avec un niveau record en 2024 (Legacy Futures). Un adulte britannique sur trois y a fait un don en mémoire d’un proche au cours de l’année écoulée.
L’écart ne tient pas à la générosité des familles, mais à l’accompagnement proposé. La demande existe : pour certaines familles, soutenir une cause qui comptait pour le défunt est une manière de prolonger son engagement. 49 % des Français organisent leurs obsèques à l’avance ou laissent des instructions à ce sujet, une tendance en hausse constante.
« Le don in memoriam n’est pas seulement une forme de générosité. Il est avant tout une manière, pour certaines familles, de prolonger la mémoire d’un être cher à travers un geste de solidarité. Notre responsabilité collective est d’accompagner cette démarche avec simplicité, respect et humanité. » Pascal Caton, président de la Fédération Nationale du Funéraire.
Ces données confirment que toute association ou fondation peut être concernée, dès lors que sa cause comptait pour le défunt ou pour sa famille. La recherche médicale et la santé restent prédominantes, mais le don en mémoire s’élargit à l’environnement, à la cause animale, à l’action sociale, à la culture ou à l’éducation.
Pour répondre à cette attente, trois leviers se dégagent :
- Simplifier le parcours des familles : un espace in memoriam facile à trouver en ligne, une page de collecte créée en quelques minutes, des kits clés en main pour les quêtes décès.
- Assurer le suivi et la traçabilité : un référent unique pour la famille, l’émission des reçus fiscaux à chaque donateur et un bilan de collecte transmis aux proches.
- Prolonger la relation : remercier, informer et proposer de poursuivre l’engagement, puisque près d’un donateur in memoriam sur quatre n’attend que cette sollicitation.
C’est tout le sens du partenariat signé en septembre 2025 entre France générosités et la Fédération Nationale du Funéraire (informations ici).
Méthodologie de l’étude
Les données de cet article proviennent du Baromètre Image et Notoriété 2026, réalisé par l’IFOP pour France générosités. Enquête menée en ligne par questionnaire auto-administré du 30 mars au 15 avril 2026, auprès d’un échantillon de 4 003 personnes représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus, dont 2 911 se déclarent donateurs. Représentativité assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de l’interviewé), après stratification par région et par catégorie d’agglomération.
Les questions sur le don in memoriam ont été posées aux donateurs en argent (70 % de l’échantillon). La question sur la poursuite du soutien a été posée aux donateurs ayant fait un don in memoriam (31 % de l’échantillon). Les répondants pouvaient citer plusieurs canaux de don.
Pour aller plus loin
Le don in memoriam (ou « DIM) permet aux OSBL de créer un lien émotionnel fort avec les donateurs, en transformant un hommage en soutien concret pour une cause. Ce dossier thématique propose des ressources essentielles (marketing et juridique) pour accompagner cette démarche : stratégies de communication sensibles, outils de collecte dédiés, retours d’expérience, bonnes pratiques juridiques et fiscales, ainsi que des exemples inspirants.