Pour les associations et fondations qui font appel aux générosités, cet automne risque de marquer un tournant dans le développement jusqu'ici ininterrompu de leurs ressources financières privées.
En effet, le danger est grand de voir les avantages fiscaux accordés aux donateurs diminuer sous le coup de rabot du Ministère des finances car considérés injustement comme « niches fiscales ».
Mais c'est aussi et bien plus encore, nos élus de terrain, les députés et les sénateurs qui savent le travail indispensable que réalisent tous les jours dans leur commune, leur canton, leur département, leur région, les bénévoles et salariés de leurs associations et fondations.
Ils savent aussi que leurs besoins ne cessent de croître et que plus que jamais elles doivent faire appel à la générosité de nos concitoyens.
C'est sur eux que nous comptons le plus pour éviter une mesure contre productive qui irait à l'encontre de l'intérêt général et qui briserait l'élan qui permet enfin à la France, qui se trouve encore loin derrière nos autres grands pays voisins, de commencer doucement à décoller au plan des générosités.
Les deux autres grands risques que nous devrons affronter sont celui de la baisse des subventions publiques territoriales souvent déjà évoquées et je le crains désormais aussi, celui de la baisse des dons des retraités et des « grands donateurs » qui vont craindre de voir leur revenu disponible immanquablement amputé.
De nouvelles opportunités se font jour néanmoins avec la réflexion lancée par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel à la demande du Premier Ministre qui découvre enfin l'importance fondamentale du monde des associations et des fondations et qui s'y intéresse de bonne foi et avec sérieux. Il ne peut qu'améliorer nos maigres « acquis médiatiques ».
On peut attendre aussi de la réforme du CNVA rebaptisé : Haut Conseil de la Vie Associative qu'elle suscite moins d'improvisation et plus de cohérence, de sérieux, de suivi et d'esprit démocratique dans la politique du gouvernement à notre égard.
Espérons enfin que notre nouveau Ministre, Monsieur Daubresse, qui nous dit on, a une bonne expérience du terrain et aussi la fibre associative et qui doit enfin nous recevoir début septembre, reste à son poste au-delà du remaniement ministériel annoncé d'octobre pour lancer enfin une réflexion politique à long terme et construire une politique volontariste en concertation avec ses partenaires.
Avec ses 14 millions de bénévoles, ses associations et fondations efficaces et engagées qui couvrent le territoire national et tous les champs de la solidarité, la France associative mérite plus de considération et de respect qu'elle n'en reçoit aujourd'hui.
Dans cet automne de tous les dangers, elle attend de ses gouvernants qu'au moins ils ne lui rabotent pas ses modestes moyens d'action et qu'au mieux il la soutienne activement dans l'accomplissement de ses missions d'intérêt général.