ASPECTS JURIDIQUES
LES ASSOCIATIONS RECONNUES D'UTILITE PUBLIQUE
Les associations reconnues d’utilité publique (RUP) sont les héritières du
statut des associations antérieur à la loi de 1901 ; elles jouissent d’une
pleine capacité juridique mais sont soumises à un contrôle étroit des pouvoirs
publics. Ainsi, aux termes de l’article 11 de la loi :
« Ces associations [reconnues d’utilité publique] peuvent faire
tous les actes de la vie civile qui ne sont pas interdits par leurs statuts,
mais elles ne peuvent posséder ou acquérir d'autres immeubles que ceux
nécessaires au but qu'elles se proposent.
Toutes les valeurs mobilières d'une
association doivent être placées en titres nominatifs, en titres pour lesquels
est établi le bordereau de références nominatives prévu à l'article 55 de la loi
n° 87-416 du 17 juin 1987 sur l'épargne ou en valeurs admises par la Banque de
France en garantie d'avances.
Elles peuvent recevoir des dons et des legs
dans les conditions prévues par l'article 910 du Code civil. Les immeubles
compris dans un acte de donation ou dans une disposition testamentaire qui ne
seraient pas nécessaires au fonctionnement de l'association sont aliénés dans
les délais et les formes prescrits par le décret ou l'arrêté qui autorise
l'acceptation de la libéralité : le prix en est versé à la caisse de
l'association. Cependant, elles peuvent acquérir à titre onéreux ou à titre
gratuit, des bois, forêts ou terrains à boiser.»
La reconnaissance d’utilité publique reste une procédure complètement
régalienne : elle est accordée par décret du Premier Ministre sur le rapport du
Ministre de l’intérieur et après avis du Conseil d’Etat. Il y a environ 2000
associations RUP, auxquelles s’ajoutent près de 650 congrégations religieuses
actives ayant à peu près les mêmes avantages.
Il n’y a pas de définition précise de l’utilité publique, ce qui permet une
certaine « plasticité » du concept lui permettant une bonne évolutivité.
L’association doit néanmoins présenter certaines caractéristiques et donner
certaines garanties définies par la doctrine administrative :
- l’action de
l’association doit avoir une ampleur, un retentissement suffisant, qui excède en
principe le cadre strictement local ;
- le domaine de son activité doit
correspondre à un intérêt public ou, au moins, à un intérêt moral collectif
éminent ;
- la situation financière doit être saine ;
- le fonctionnement
de l’association doit être démocratique et organisé en ce sens par ses statuts
;
- le nombre de membres, que l’on peut situer en général au minimum à 200,
doit être en adéquation avec les objectifs de l’association ;
- l’association
ne doit pas avoir avec la puissance publique, notamment par des financements
qu’elle en recevrait, des liens qui la priverait d’une véritable autonomie de
décision.
Les statuts de l’association RUP doivent inclure un certain nombre de
dispositions permettant de garantir un fonctionnement sous le contrôle des
membres et aux pouvoirs publics d’assurer leur tutelle.
D’un point de vu fiscal, les associations RUP n’ont pas un statut homogène ;
certains avantages fiscaux peuvent être attachés à la RUP (certains peuvent être
partagés avec d’autres catégories d’associations) mais conditionnés par des
critères supplémentaires.