Les associations en France 1.1.

ASPECTS JURIDIQUES
 
Aux termes de l’article 1er de la loi du 1er juillet 1901, l’association est « la convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d’une façon permanente, leur connaissance ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices. »
 
Il faut retenir de cette définition quelques points essentiels :
- le caractère contractuel de l’association qui renvoie à la capacité d’organisation des membres à travers les statuts qui concrétisent le contrat d’association ;
- le groupement de personnes ;
- le caractère permanent (ce qui la distingue de la simple réunion) ;
- le caractère non lucratif (absence de répartition  des bénéfices, mais possibilité d’en faire).
 
Fruit d’une longue bataille historique contre le pouvoir central absolu, la loi du 1er juillet 1901 est une grande loi de liberté (elle ne règle pas le fonctionnement des associations contrairement à la loi d’Empire allemand qui régit encore les associations d’Alsace Moselle) sauf pour les congrégations soumises à des restrictions importantes. Si la liberté d’association a mis autant de temps à s’installer en France, c’est  non seulement à cause des craintes que le pouvoir central pouvait avoir vis à vis du rôle politique de l’association mais aussi par rapport à sa capacité économique à acquérir (souvent gratuitement) des biens notamment immobiliers sans les remettre dans le circuit économique donc sans perception des droits de mutation (notion de bien de mainmorte), problème qui concernait essentiellement l’Eglise et ses congrégations.
 
C’est pourquoi, si les associations naissent librement, elles ont une capacité juridique et notamment patrimoniale plus ou moins limitée selon le degré de subordination qu’elles acceptent des pouvoirs publics.
 

Ainsi, la loi du 1er juillet 1901 distingue 3 catégories d’associations :
- de fait,
- déclarées,
- reconnues d’utilité publique.
 
Le niveau de capacité juridique est gradué selon le statut propre à chaque catégorie.
 

LES ASSOCIATIONS DE FAIT (NON DECLAREES)
La capacité juridique est quasiment nulle en l’absence de « personne morale ».
 
 
LES ASSOCIATIONS DECLAREES (A LA PREFECTURE OU SOUS-PREFECTURE)
 
Il s’agit d’une simple déclaration d’existence, sans contrôle des pouvoirs publics. Avec l’insertion au Journal officiel, l’association devient opposable aux tiers et gagne sa capacité juridique telle que définie à l’article 6 de la loi :
 
« Toute association régulièrement déclarée peut, sans aucune autorisation spéciale, ester en justice, recevoir des dons manuels ainsi que des dons des établissements d'utilité publique, acquérir à titre onéreux, posséder et administrer en dehors des subventions de l'État, des régions, des départements, des communes et de leurs établissements publics :
1. Les cotisations de ses membres ou les sommes au moyen desquelles ces cotisations ont été rédimées, ces sommes ne pouvant être supérieures à 16 €;
2. Le local destiné à l'administration de l'association et à la réunion de ses membres;
3. Les immeubles strictement nécessaires à l'accomplissement du but qu'elle se propose.
Les associations déclarées qui ont pour but exclusif l'assistance, la bienfaisance, la recherche scientifique ou médicale peuvent accepter les libéralités entre vifs ou testamentaires dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État.
Lorsqu'une association donnera au produit d'une libéralité une affectation différente de celle en vue de laquelle elle aura été autorisée à l'accepter, l'acte d'autorisation pourra être rapporté par décret en Conseil d'État.
»
 
 
Le but de l’association n’est nullement défini, c’est celui que se fixent les fondateurs (principe de spécialité) dans les statuts. Quelques restrictions ont été faites pour des raisons bien compréhensibles touchant à l’ordre public (atteinte à l’intégrité du territoire ou à la forme républicaine du gouvernement, groupements de combat et milices privées…).
La capacité juridique est limitée essentiellement en matière de possession d’immeubles .
 
 
Il y aurait environ  880 000 associations actives en France . Il se créé en moyenne  70 000 associations par an mais on ne sait pas combien cessent leur activité car elles disparaissent le plus souvent à l’issue d’une période de « léthargie » profonde sans procéder officiellement à leur dissolution.